Décembre 2019    L'âme, le corps et la machine

 

Piotr Ilyitch Tchaïkovsky (1840-1893), Sérénade pour cordes
Sergueï Prokofiev (1891-1953), Andante pour cordes
Nicolas von Ritter-Zahony (*1986), concerto pour Theremin et cordes, création mondiale


Lausanne, Église Saint Laurent

 


Note de programme

Quiconque a déjà visité Moscou ou Saint Petersbourg a pu constater à quel point la sobriété de l’architecture soviétique contraste avec les fastueux palais de l’époque impériale.
Et si ce contraste était, plutôt que le signe d’un grand bouleversement historique, un élément constitutif de « l’âme russe »? Comme sur un échiquier, le blanc et le noir, le chaud et le froid semblent, dans cette culture, en lutte permanente ; passionnément romantique d’une part et sévèrement rationaliste de l’autre.

Piotr Ilyitch Tchaïkovsky est l’archétype du musicien romantique russe. Sa Sérénade pour cordes – l’une des plus belles œuvres écrite pour cette formation - est à son image : foisonnante, fastueuse, pathétique, elle impressionne par sa densité et nous emporte dans un torrent d’émotion. Une musique qui semble parler directement à l’âme.

De l’autre côté de l’échiquier, la musique rigoureuse et anticonformiste de Sergueï Prokofiev (qu’un critique de l’époque a surnommé « le pianiste aux doigts d’acier ») ne nous semble ni moins russe ni moins belle; elle s’adresse au corps, faite de coups, de caresses, d’étreintes et de larmes.

Dès lors, il n’est pas étonnant que ce soit précisément à ce pays, réputés pour ses violonistes particulièrement expressifs, que l’on doivent le premier instrument électronique. Inventé en 1919 par le génial Léon Thérémin, cet instrument fascinant qui porte le nom de son inventeur est constitué de deux antennes. L’interprète produit le son en approchant ou en éloignant ses mains de celles-ci sans jamais, et c’est ce qui en fait la beauté, vraiment toucher l’instrument. Pour fêter les cent ans de cet instrument, nous vous proposons en création un nouveau « concerto pour thérémine et orchestre à cordes » du compositeur lausannois Nicolas von Ritter-Zahony.

L’âme, le corps et la machine...

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