Mars 2018 Swiss Music


Otmar Schoeck (1886-1957), Sommernacht
Kevin Juillerat (*1986), Création mondiale
Frank Martin (1890-1974), Pavane couleur du temps
Ernest Bloch (1880-1959), Concerto Grosso n°1


Piano, Gilles Grimaître


28 mars, Les Concerts au Levant, Lausanne
29 mars, Église Saint Laurent, Lausanne

 


Note de programme
Entourée par l’Allemagne, la France, l’Autriche et l’Italie, pays où l’importance de la tradition musicale n’est pas à démontrer, la Suisse a toujours eu une position particulière dans l’histoire de la musique. Si elle souffre dans une certaine mesure d’un complexe d’infériorité bien légitime au regard de ses illustres voisins, elle est aussi un carrefour formidable au centre de l’Europe. Ceux qui dans ce contexte ont su trouver leur voie ont souvent proposé des œuvres caractérisées par une très forte personnalité, à défaut d’être révolutionnaires.
La Pavane couleur du temps est l’œuvre d’un Frank Martin encore jeune dont le style n’est pas encore pleinement épanoui mais qui témoigne déjà d’une grande sensibilité. Si l’influence de Maurice Ravel est encore très présente dans cette œuvre brève et délicate,on y sent déjà un sens aigu du contrepoint qui s’épanouira dans ses œuvres de maturité, notamment sous l’influence de la musique de Schoenberg.
Otmar Schoeck et Ernest Bloch font partie de ces musiciens injustement oubliés, faute de n’avoir pas été avant-gardistes. Si leurs musiques s’inscrivent dans la pure tradition romantique, elles le font chacune avec leur spécificités. Le Sommernacht de Schoeck se distingue par son élégance et sa légèreté et frappe par sa forme, traditionnelle en apparence mais en réalité extrêmement libre. Le Concerto Grosso n°1 démontre quant à lui les qualités d’orchestrateur de Bloch. En jouant sur les tessitures et le rapport qu’entretient le piano avec l’orchestre - celui-ci semble en permanence émerger de l’orchestre - il réussit à tirer de cet ensemble pourtant très homogène des sonorités saisissantes et contrastées.
Kevin Juillerat représente ici une nouvelle génération de compositeurs qui, tout en conservant une forme de radicalité dans le propos, cherchent à retrouver une immédiateté en dépassant l’hermétisme qui pouvait caractériser certains courants musicaux du milieu du siècle précédent. La Camerata Ataremac est ravie de collaborer avec ce jeune compositeu rsuisse pour cette création.

Nicolas von Ritter-Zahony

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